Ce canal de Caen à la mer (Ouistréham) s'étend sur 14 km, il a été dessiné sous Napoléon 1er . Il a été inauguré le 25 août 1857 ; il avait à l'époque 4 mètres de profondeur, quelques dizaines de mètres de large, il a été creusé, élargi, et nous avons aujourd'hui 10 mètres d'eau en profondeur et à certains endroits plus de 200 mètres de large.
Ce canal est en même temps le port de CAEN , équipé de bassins et de quais aux destinations différentes.
Ce bassin est le plus ancien du port de Caen puisque déjà sous Guillaume le Conquérant, les bateaux qui remontaient à l'époque par le fleuve l'Orne venaient s'échouer ici, du moins à quelques centaines de mètres au pied de l'église Saint Pierre. Nous quittons ce bassin par le premier pont tournant qui est le pont de la Fonderie.
Le canal se termine par 2 écluses : la petite écluse 180 mètres de long, 18 mètres de large qui sert à la pêche, la plaisance et le cabotage et une écluse plus grande, 225 mètres de long, 29 mètres de large qui permet le passage de cargos pouvant mesurer 204 mètres. Entre les deux, en forme de tour de contrôle, la capitainerie, c'est elle qui dirige le trafic portuaire. Quant au phare de OUISTREHAM, il mesure 37 mètres de haut et il a une portée de 18 milles nautique, un peu plus de 33 kilomètres.
On voit dans l'avant port les superstructures métalliques bleues du car-ferry, à gauche de la capitainerie. Ce sont les car-ferry qui font la liaison entre OUISTREHAM et PORTHMOUTH en Angleterre.
L'église Saint Samson de Ouistreham est une église des 11 et 12ème siècle qui a la particularité d'avoir été construite sur l'emplacement d'une ancienne église en bois, détruite par les invasions vikings
Le bassin de plaisance de Ouistreham a une capacité d'accueil de 650 places.
Le quai Charcot, que l'on appelle aussi quai aux dragues ; c'est en effet le lieu d'amarrage de la drague du port de CAEN « les Morées ». C'est une drague ancienne, à benne, qui date de 1931 et qui est chargée d'entretenir la profondeur du canal, des bassins et de l'avant port. C'est le bateau le plus ancien encore en service actif en France. Malheureusement, l'heure de sa retraite devrait sonner au début de l'année 2001.
Ce quai sert aussi à la pêche, on y voit des chalutiers en activité, qui viennent armer ou désarmer leur matériel de pêche ou faire leur débarque de poissons.
Jean CHARCOT était un aventurier du début du XXème siècle qui naviguait sur un navire bien connu : le « Pourquoi Pas ».
A partir du bout du quai, tout le long du canal jusqu'à CAEN, se trouve une piste cyclable et piétonne aménagée sur un des anciens chemins de halage . Au temps de la marine à voile, les haleurs et leurs chevaux tiraient les bateaux le long du canal pour les mettre à leur poste à quai. Ces haleurs disparurent en 1864 pour laisser la place à une machine à vapeur montée sur voie ferrée étroite. Les machines à vapeur disparurent à leur tour à la fin du siècle dernier quand la marine s'est motorisée et la voie ferrée fut reprise par un petit train touristique, le petit « DECAUVILLE » qui reliait CAEN , OUISTREHAM et la côte et disparut lui-même au débarquement en 1944. Aujourd'hui nettoyé et aménagé, il représente une formidable promenade sur 11,5 km pour les piétons et les cyclistes, il est en effet interdit à toute circulation motorisée.
Sur la berge Ouest, au lieu-dit « le Maresquier » se trouve le quai au pétrole ; ici venaient accoster des pétroliers qui déchargeaint leur cargaison dans les grandes citernes grises. Ce trafic a cessé à Caen, il y a une vingtaine d'années car, pour des raisons de sécurité, les pétroliers ne sont plus autorisés à entrer dans le port de Caen. Le dépôt fonctionne néanmoins toujours, il a maintenant la particularité d'être alimenté directement des raffineries du Havre par un pipeline qui passe dans le fond du canal entre les deux panneaux qui représentent une ancre barrée du mot interdit et qui se trouvent de chaque côté, sur les berges. Ces panneaux stipulent qu'il est bien évidemment strictement interdit de jeter une ancre à cet endroit, qui risquerait d'endommager ce pipeline.
Au lieu-dit « le Maresquier » la petite maison en pierre, rénovée, sur la berge ouest est l'ancienne résidence de vacances d'Aristide Briand. Aristide Briand(1862-1932), orateur remarquable du début du siècle, homme politique, 11 fois président du conseil, 17 fois ministre, signa l'accord de LOCARNO en 1925 et reçut pour cela le prix Nobel de la paix en 1926.C'était aussi un fanatique de pêche et de voile. Il a largement contribué au développement de la station balnéaire de Ouistreham Riva-Bella; d'ailleurs Ouistreham lui a élevé une statue que l'on peut voir sur la place du port.
Sur la berge, on peut voir le « PEGASUS BRIDGE », le fameux pont libéré dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 par la 6ème division aéroportée britannique du major John HOWARD. L'emblème de cette division était pégase, le cheval ailé de la mythologie grecque. En leur honneur, on l'a donc appelé PEGASUS. Ce pont datait de 1933, il avait remplacé un pont tournant ; réparé, rallongé en 1963, réparé encore en 1980, il était devenu, après 60 ans de service usé et même dangereux ; il a donc été changé, déposé sur cette berge en novembre 93 et remplacé au mois d'avril 94 par le pont qui est devant nous, qui a la même silhouette , qui est plus long, plus large mais qui s'ouvre de la même façon.
Juste après le pont, à droite, la petite maison, c'est le Café Gondrée, ce fut la première maison libérée de France le 06 juin 1944. Il appartient toujours à une des filles Gondrée qui l'a maintenu exactement dans l'état qu'il était en 1944.
Le pont historique est, depuis juin 2000, déposé près du musée « Mémorial Pégasus ». Ce musée a été construit début 2000 sur la berge Est en mémoire des faits d'armes qui ont eu lieu sur ce pont et aux alentours. Il a été inauguré le 5 juin 2000 par le Prince Charles d'Angleterre et le Ministre français de la Défense.
La façade nord du château de Bénouville s'ouvre sur un jardin à la française. Ce château a été construit à la demande du Marquis de Livry de 1768 à 1786 sur les ruines d'une ancienne ferme fortifiée du 15 et 16ème siècle dont il reste la petite chapelle. Il a été conçu par l'architecte Claude Nicolas Ledoux ; Claude Nicolas Ledoux qui a réalisé les salines d'Arques-et-Sénant dans le Doubs et certains pavillons des barrières de Paris. En 1927, le conseil général du calvados l'a acheté pour y créer une maternité destinée à l'origine aux mères célibataires du département et de 1928 à 1972, on y a enregistré environ 16000 naissances. Pour l'anecdote, le chanteur Gérard LENORMAND y est né et la mère de l'actrice Annie GIRARDOT y a été sage femme. La façade sud s'ouvre sur une cour d'honneur et qui est précédée d'un vaste péristyle à 4 colonnes cannelées et 4 demi-colonnes encastrées. De 1973 à 1978, ce fut un centre pour l'enfance inadaptée et en 1980 le conseil général a fait rénover le tout. Actuellement les étages sont occupés par la cour régionale des comptes alors que le rez-de-chaussée est ouvert au public et peut être visité. On peut voir les salons et le grand escalier d'honneur qui, selon les spécialistes, est un des plus beaux de France. Les jardins se visitent également et servent régulièrement à l'organisation de réceptions pour l'accueil de personnalités qui viennent visiter notre région.
Le quai de Blainville s'étend sur plus de 600 mètres et c'est sur ce quai que sont concentrées la plupart des activités commerciales marchandises du port de CAEN. Nous avons tout d'abord un petit trafic de containers avec une ligne plus ou moins régulière vers l'Afrique du Nord et un à deux départs par mois. L 'activité la plus importante est l'importation de bois exotiques et tropicaux en provenance pour la plupart des cotes d'Afrique de l'ouest en grumes ou en bois débité. Caen est le 4ème port français importateur de ces bois exotiques.
Au milieu du quai la manutention de produits en vrac tels que la ferraille , les engrais, la pierre, le charbon....
Au bout du quai un silo de 33 000 tonnes permettant l'exportation par voie maritime de céréales de basse Normandie ; les bateaux sont chargés grâce aux deux derniers portiques, deux espèces d'aspirateurs qui débitent respectivement 600 et 400 tonnes à l'heure.
C'est un pont tournant dont le tablier pivote grâce à 4 paires de roues posées sur un rail circulaire, le rail étant lui-même posé sur un pilier en béton enfoncé de 24 mètres : 14 mètres dans le sol et dix mètres dans l'eau.
L'estuaire de l'Orne situé à Ouistréham est une réserve ornithologique importante dans la région et de très nombreuses espèces d'oiseaux y sont protégées. Sur le canal, on trouve essentiellement des canards colverts qui vivent et se reproduisent en grand nombre. Les oiseaux noirs avec le bec blanc sont des foulques, on trouve aussi le long des berges beaucoup de poules d'eau.
Quelques cygnes vivent en permanence sur le canal et s'y reproduisent. Bien entendu il y a beaucoup d'oiseaux de mer : mouettes, goélands, cormorans, hirondelles de mer... On peut voir, de temps en temps, des oiseaux un peu plus rares tels que des hérons, des grèbes huppées, des bernaches du Canada, des Martin-pêcheurs....
Le canal est riche en poissons : anguilles, mulets, truites de mer, poissons plats...
Ce n'est pas un site nucléaire, c'est l'ancien site sidérurgique de l'usine Unimétal. Cette usine construite par le baron THIESSEN de 1912 à 1917 a été complètement rasée par les bombardements en 1944 ; elle avait reçu 4000 bombes et 35 000 obus environ. Il avait fallu plus de 5 ans pour la reconstruire. Or, ce site industriel de la région caennaise qui a employé plus de 6000 personnes dans ses beaux jours a hélas fermé ses portes en novembre 1993. Elle a été démontée et une partie a été exportée en Chine par rotation de cargos.
Le bassin, quant à lui, a été creusé en 1920 pour alimenter l'usine en matière première, à l'époque le charbon car le minerai de fer provenait directement de la région caennaise. Lorsque les mines ont été fermées, le minerai arrivait aussi par voie maritime, le tout étant déchargé au mole central relié à l'usine par un tapis roulant. Le quai plus près de nous servait à l'exportation des produits finis ; il sert maintenant à l'importation de bois du nord, importation caennaise traditionnelle qui se déroulait autrefois dans le bassin saint pierre, puis ensuite dans le nouveau bassin. Une plate-forme de déchargement de produits en vrac a été installée ici au courant de l'année 2000.
La petite chapelle avec un clocher bulbe bleu, c'est l'église Saint Serge. Cette église orthodoxe russe unique dans la région a été construite au début du siècle lorsque les russes sont venus travailler sur le site.
On l'appelle ainsi car c'est la réplique exacte du lourdes des Pyrénées à l'échelle des deux tiers avec sa grotte, son chemin de pèlerinage et d'ailleurs un pèlerinage tous les 15 août. Ce petit lourdes a été construit grâce au don de 50 000 francs d'un riche négociant en vins de Rouen en 1879 car sa femme avait été miraculée à Lourdes.
Il enjambe à la fois le canal, la zone industrielle et un peu plus loin, l'Orne qui coule en parallèle du canal de Caen jusqu'à la mer à quelques centaines de mètres et qui permet de le maintenir à niveau grâce à un système de vannes dans le bassin saint pierre. Ce viaduc mesure un peu plus d'un kilomètre 200. Il a un tirant d'air de 33 mètres qui permet aux bateaux de passer d'un bassin à l'autre.
L'activité principale de ce bassin, creusé en 1960, est la manutention de produits sous régime de froid dirigé, en général froid négatif, viande, beurre congelé et embarqué à bord de bateaux frigo souvent à destination des pays de l'Est.
Il porte mal son nom puisque c'est le bassin le plus ancien du port ; il date de la fin du siècle dernier, il était nouveau à l'époque où il a été creusé puisqu'il n'existait alors que le bassin saint pierre duquel nous sommes partis. Dans ce nouveau bassin, on y accueille de temps en temps des paquebots de croisières qui viennent débarquer leurs passagers pour leur permettre de visiter les plages du débarquement. On y voit également de temps en temps de prestigieux voiliers de compétition puisqu'une société de préparation s'y est installée dernièrement.
C'est aussi le lieu d'accostage des remorqueurs du port de CAEN, qui ne servent pas à tirer les bateaux comme au temps de la marine à voile, mais simplement à les aider à rester dans l'axe du canal et à effectuer leurs manoeuvres.
Ce quai accueille les cargos de charbon et la transformation de celui-ci dans l'usine qui est derrière, transformation en boulets pour le chauffage.
Abbaye construite à la demande de la reine Mathilde pour que le pape Léon IX lève la sentence d'excommunication qu'il avait infligé à elle et à Guillaume car ils s'étaient mariés en dépit d'un lointain cousinage. L'autre abbaye, l'abbaye aux hommes a été construite à la demande de Guillaume le Conquérant pour le même motif, elle est actuellement la mairie de CAEN. Celle-ci est le siège du conseil régional.
On peut voir aussi sur la colline un très beau cèdre, la légende veut qu'il aurait été planté par Charlotte Corday mais cette légende est fausse ; c'est un cèdre du Liban planté ici le jour de l'indépendance du Liban, le 19 septembre 1920.
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